Fès, Maroc

Fès — la médina la plus vaste du monde arabe

Tanneries séculaires, université la plus ancienne encore en activité au monde et dédale de ruelles sans voitures : Fès est la ville la plus authentiquement médiévale du Maroc.

Meilleure période : Mars-mai et septembre-novembre, pour explorer la médina sans chaleur excessive

Fès el-Bali, la médina classée à l'UNESCO

Fondée au IXe siècle, la médina de Fès el-Bali forme le plus grand ensemble urbain piéton au monde, avec plus de neuf mille ruelles où seuls les ânes et les mules circulent encore pour le transport des marchandises. Se perdre y est presque inévitable, et fait partie du charme — un guide local reste le moyen le plus simple de comprendre la logique du quartier, organisé historiquement par corporations de métiers. Les portes monumentales, comme Bab Boujloud avec ses faïences bleues et vertes, marquent les entrées de la vieille ville. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981, la médina reste habitée et vivante, loin d'un simple décor pour touristes.

Les tanneries et l'artisanat traditionnel

Les tanneries Chouara, en activité depuis le XIe siècle, sont le symbole artisanal de Fès : des dizaines de cuves de teinture à ciel ouvert où les peaux sont encore travaillées selon des méthodes largement inchangées depuis le Moyen Âge. On les observe depuis les terrasses des boutiques de cuir environnantes, un brin de menthe à la main pour atténuer l'odeur. Au-delà du cuir, Fès est réputée pour sa poterie bleue signature, ses zelliges (mosaïques géométriques) et ses tissus brodés, produits dans des ateliers familiaux qui se visitent souvent gratuitement, avant la vente. C'est la ville où l'artisanat marocain se pratique encore comme un métier transmis de génération en génération, plus que comme un spectacle pour visiteurs.

La Qaraouiyine et le quartier andalou

Fondée en 859 par Fatima al-Fihriya, l'université et mosquée Qaraouiyine est reconnue par l'UNESCO comme le plus ancien établissement d'enseignement encore en activité au monde. Son intérieur reste réservé aux musulmans, mais l'architecture de ses cours se devine depuis les portes ouvertes. Tout près, le quartier andalou, sur l'autre rive de l'oued qui traverse la médina, garde l'empreinte des réfugiés venus d'Al-Andalus après la Reconquista, avec sa propre mosquée et ses maisons aux façades plus sobres. En fin de visite, le palais royal et ses portes en bronze doré, bien que fermé au public, mérite un détour pour la photo, avant de rejoindre la ville nouvelle et ses hôtels plus confortables.

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